ERP ou solutions data-centric : repenser le système d'information à l'ère de la donnée
- il y a 5 jours
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À l'occasion de la première commission numérique de 2026, organisée le vendredi 27 mars, une vingtaine de DSI se sont réunis pour échanger autour du thème « ERP ou solutions data centric : quels choix stratégiques et techniques ? ». Une journée marquée par des discussions riches et par l'opportunité de visiter le chantier de la future station à Labège Gare de la ligne C du métro toulousain grâce à notre adhérent Groupe GB.
En introduction de cette plénière, les participants ont pu découvrir, grâce à Aurélie Bordes et Christophe Fontanie, un exemple concret de transformation digitale dans le secteur de la construction à travers l'usage du BIM (Building Information Modeling). Bien plus qu'un simple outil de modélisation 3D, le BIM illustre une évolution de fond : le passage d'une logique documentaire à une logique data.
Par la suite, les retours d'expériences et les débats entre pairs de cette rencontre ont permis de dégager des tendances fortes, mais aussi de rappeler qu'il n'existe pas un modèle unique concernant les ERP et les solutions data centric.
Les limites du modèle ERP-centrique
Historiquement, l'ERP a constitué le socle des systèmes d'information, structurant les processus métiers et garantissant une certaine cohérence des données. Mais dans un contexte de transformation rapide, ce modèle montre aujourd'hui ses limites :
Un manque de flexibilité face à la croissance, notamment lors d'acquisitions ou d'intégrations de nouvelles entités ;
Des délais d'intégration longs et coûteux, incompatibles avec des stratégies de développement accélérées ;
Une forte dépendance technologique, limitant l'adoption de solutions innovantes ou spécialisées ;
Une difficulté à exploiter pleinement la donnée, notamment pour des usages avancés comme l'analytique ou l'intelligence artificielle.
Dans ce contexte, l'ERP tend à devenir un système rigide, parfois en décalage avec les enjeux actuels de pilotage et d'agilité.
L'émergence d'une architecture data-centrique
Face à ces constats, de plus en plus d'organisations explorent une approche alternative : placer la donnée au cœur du système d'information.
Dans une architecture data-centrique, la logique s'inverse. L'ERP n'est plus le point central, mais une brique parmi d'autres, alimentant une plateforme de données unifiée. Celle-ci devient le référentiel principal, consolidant, nettoyant et mettant à disposition des « jeux de données de référence » fiables pour grouper les autres briques du système informatique.
Cette approche répond à plusieurs objectifs clés :
Gagner en scalabilité en facilitant l'intégration de nouvelles entités ou applications
Favoriser une culture "data-driven" en rendant la donnée accessible et fiable
Accélérer les capacités d'analyse et d'innovation notamment en matière d'IA
Optimiser les coûts, en choisissant des solutions adaptées à chaque besoin
Au delà de la technologie : le défi de la gouvernance
Si les choix techniques sont structurants, les principaux défis sont rarement technologiques. La mise en place d'une approche data-centrique implique une transformation en profondeur des processus et des habitudes de travail.
Chaque service possède ses propres référentiels, créant des silos, des incohérences et une impossibilité d'avoir une vision unifiée et à jour de la donnée. L'introduction d'une approche data-centrique impose de redéfinir complètement le cycle de vie de la donnée et de standardiser les processus de création et de mise à jour. Ce travail de gouvernance peut être long et fastidieux.
La résistance culturelle reste un frein majeur. L'adoption de nouveaux outils ou de nouvelles pratiques nécessite du temps, de la pédagogie et une implication forte des directions.
Des trajectoires variées selon les entreprises
L'un des enseignements majeurs de cette plénière réside dans la diversité des approches observées.
Trois grands modèles coexistent aujourd'hui :
Le maintien d'un modèle ERP-centrique enrichi avec une base de données afin de les consolider ;
Les architectures hybrides, combinant ERP et plateforme data sans rupture totale ;
Les transformations data-centriques complètes souvent portées par des enjeux de croissance ou d'innovation.
Le choix dépend de nombreux facteurs : taille de l'entreprise, maturité digitale, contraintes sectorielles, ambitions stratégiques.
Nous remercions grandement tous les participants de cette commission numérique pour la pertinence de leurs retours d'expériences et Laurent Bonabesse, directeur des systèmes d'information du Groupe GB, pour l'accueil et son aide dans l'organisation de cette journée.











