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« 50°C à Toulouse : la vraie question, ce n’est pas "si", mais "quand ?" » : comment nos ETI s’adaptent-elles au changement climatique ?

il y a 8 heures
3 min de lecture

Ce lundi 5 octobre, plus d'une vingtaine de membres du Cercle des dirigeants du Club ETI Occitanie se sont réunis pour leur troisième rencontre de l'année. Accueillie chez notre adhérent AB7 Groupe, cette soirée a permis d'aborder un enjeu majeur pour l'avenir de nos entreprises et de nos territoires : l'adaptation des ETI face à l'accélération du changement climatique.



Une soirée immersive chez AB7 Groupe

La rencontre s'est ouverte sur le site de production d’AB7 Groupe à Deyme. Les dirigeants notamment ont pu découvrir les nouvelles installations de cet expert en R&D, industrialisation et fabrication de produits vétérinaires, cosmétiques et pour la maison.


En deuxième partie de soirée, les participants se sont ensuite retrouvés sur le site logistique d’Escalquens pour entamer une séquence d'échanges entre pairs. Autour du thème « Comment nos ETI s’adaptent-elles au changement climatique ? », les dirigeants issus de secteurs variés ont croisé leurs visions, leurs initiatives et leurs difficultés.



Bâtiments et énergie : concevoir et produire autrement

L'adaptation passe avant tout par la transformation de nos infrastructures et de nos méthodes de travail. Les retours terrain montrent que la sobriété et la conception bioclimatique portent déjà leurs fruits :


  • Conception bioclimatique et solutions passives : l'intégration des bilans météo et carbone est désormais possible dès la phase de conception dans le secteur de la construction. Des bâtiments équipés de protections solaires passives, d'orientations optimisées et de brasseurs d'air (sans climatisation) ont démontré leur efficacité avec des résultats très positifs constatés lors des fortes chaleurs.

  • Réorganisation du travail en extérieur : face aux fortes chaleurs, des arrêtés préfectoraux imposent l'arrêt d'activité extérieur à 14h, les entreprises doivent donc s'adapter : horaires décalés (6h – 12h, puis reprises en soirée à 18h ou 20h), distribution d'équipements rafraîchissants et de crèmes solaires sont partie des solutions testées sur le terrain.

  • Préfabrication en usine : pour réduire l'exposition directe des collaborateur au soleil, diminuer la manutention et limiter le nombre d'intervenants sur site, une partie de la production est déplacée en atelier.

  • Autonomie énergétique et sobriété : de la construction de fermes solaires aux bâtiments semi-enterrés ou équipés de géothermie, l'investissement énergétique s'inscrit dans le long terme. Les initiatives touchent aussi l'efficacité hydraulique (économiseurs d'eau réduisant la consommation de 30 %, circuits d'eaux grises) et la proposition plus fréquente de menus végétariens dans la restauration collective.



Bien-être des collaborateurs et continuité d'activité : replacer l'humain au cœur

Les vagues de chaleur répétées impactent directement la santé, le sommeil et la productivité des salariés. Les dirigeants ont témoigné de dispositifs mis en place cet été pour soutenir leurs équipes :


  • Agir sur le repos et la santé : certaines entreprises ont instauré des aides pour permettre à leurs collaborateurs d'équiper leur domicile d'un système de climatisation, garantissant ainsi des nuits réparatrices.

  • Rafraîchissement ciblé et espaces de pause : plutôt que de climatiser des bâtiments entiers, la priorité est donnée au rafraîchissement ciblé des postes de travail et à l'aménagement de salles de sieste rafraîchissantes pour les pauses.

  • Nouveaux modes de travail : si le télétravail et le regroupement des déplacements professionnels permettent de réduire l'empreinte carbone, un constat émerge : lors des canicules, les collaborateurs reviennent volontiers sur site pour profiter de bureaux récents, basse consommation et confortablement rafraîchis.



Constats partagés : freins réglementaires, coût du risque et vision long terme

La discussion a mis en lumière des défis structurels communs à l'ensemble des ETI :


  • Une réglementation et des habitudes en décalage : la réglementation (droit du travail notamment), les rythmes de vie actuels ou les contraintes architecturales sont perçues comme autant de freins à l'adaptation.

  • Le défi financier du ROI : les investissements d'adaptation (isolation thermique, géothermie, réseaux d'eau, etc.) exigent des capitaux importants avec des retours sur investissement longs (au-delà de 5 ans), nécessitant une forte capacité d'autofinancement.

  • La mutation du secteur de l'assurance : sous pression, le secteur des assurances se durcit, faisant émerger le risque d'auto-assurance pour les entreprises face aux aléas climatiques.

  • La gestion de la ressource en eau : les futures restrictions d'accès à l'eau entraîneront très rapidement des arbitrages économiques majeurs pour les sites industriels.



Les dirigeants ont poursuivi la soirée avec un moment convivial autour d'un cocktail. Cette rencontre aura une nouvelle fois démontré la pertinence du partage d'expériences entre pairs pour rompre l'isolement des dirigeants et faire émerger des réponses collectives aux défis de transformation. Face aux contraintes climatiques, l'anticipation stratégique et la mutualisation restent nos meilleurs leviers pour bâtir des entreprises résilientes.



 
 
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