Surcharge numérique et IA : comment les DRH des ETI d’Occitanie repensent l’organisation du travail
Entre l'avalanche quotidienne des notifications, la multiplication des canaux de communication et l'émergence rapide des usages liés à l'intelligence artificielle, la surcharge numérique est devenue l'un des défis majeurs pour les ETI. C’est pour aborder cette thématique que la Commission RH & Talents du Club ETI Occitanie s'est réunie le jeudi 15 octobre dernier chez son adhérent Labsoft à Labège. Une séance riche en retours d'expérience, en partages de bonnes pratiques et en pistes concrètes pour réinventer le bien-être et l'efficacité au travail.
Le constat : une hyper-sollicitation quotidienne des collaborateurs
Selon les chiffres clés de Microsoft (Work Trend Index- - juin 2025), un collaborateur fait face en moyenne à 270 e-mails et messages Teams par jour, soit une notification toutes les 1 minute 30. E-mails, messages Teams, SharePoint, OneDrive, outils métiers, WhatsApp croissant en contexte professionnel ou encore sollicitations directes : les canaux se multiplient et créent une pression numérique constante.
Cette infobésité entraîne des conséquences directes sur le terrain :
Des micro-interruptions répétées (toutes les 3 à 5 minutes) qui fragmentent la concentration et pénalisent les sujets de fond ;
Une difficulté accrue à filtrer et prioriser, chaque interlocuteur percevant son sujet comme urgent ;
Des risques psychosociaux accrus, un épuisement en fin de journée et une exposition renforcée aux cybermenaces.
Des leviers d’action concrets : entre régulation, formation et innovation
Face à ces enjeux, plusieurs pistes d'action peuvent être envisagées pour restaurer la sérénité opérationnelle :
Cartographier et structurer les usages : définir précisément le rôle de chaque outil (Teams pour l’instantané, e-mail pour le formel, SharePoint pour le documentaire, par exemple) et communiquer ces règles collectivement. L’élaboration d’une charte spécifique sur l’usage du numérique, couvrant les bonnes pratiques, la définition des canaux et l’organisation des réunions, est une bonne façon de poser un cadre clair et partagé.
Former avant de réguler : la formation des collaborateurs aux outils et aux enjeux de l'IA (notamment dans le cadre de l'AI Act) s'impose comme un prérequis pour sécuriser les pratiques et développer la maturité digitale.
Le manager de proximité en première ligne : repensé comme un filtre et une porte d'entrée, le manager doit être outillé et formé pour répondre aux questions récurrentes, tandis que l'autonomisation des salariés est renforcée via des livrets RH et des portails SIRH (Système d'Information des Ressources Humaines) enrichis.
Vers un « Bot IA RH » souverain et sécurisé
L'un des temps forts des échanges a porté sur l’expérimentation d’un bot IA RH interne. Hébergé en interne pour garantir une souveraineté totale et éviter toute fuite de données nominatives, cet assistant vectorise les documents RH (accords d'entreprise, convention collective). Fonctionnant sur le principe du « human in the loop », il garantit une traçabilité complète et redirige systématiquement vers le service RH par e-mail en cas d'incertitude.
Riche en partages d'expériences, cette commission RH & Talents réaffirme la raison d'être du Club ETI Occitanie : cultiver l'intelligence collective pour accompagner nos entreprises dans leurs transformations humaines et numériques les plus critiques.
Un grand merci à l'ensemble des participants pour la qualité de ces débats constructifs et tournés vers l'avenir et aux équipes de Labsoft pour leur accueil.



