Les ETI d'Occitanie face au défi de la souveraineté des IT et des données
À l’occasion de notre dernière commission Numérique chez notre adhérent ACTIA, le vendredi 16 octobre dernier, une quinzaine de DSI du Club ETI Occitanie se sont réunis pour confronter leurs visions et leurs retours d’expérience autour d’un enjeu stratégique majeur : la souveraineté des infrastructures informatiques et des données. Dans un paysage numérique mondialisé où la grande majorité des investissements technologiques profite à des acteurs extra-européens, nos entreprises régionales structurent leurs réponses pour gagner en autonomie.
S’affranchir des risques juridiques et sécuriser les environnements cloud
La question de l'hébergement des données et des applications ne se résume plus à un simple choix technique, mais relève d'une gouvernance des risques à part entière.
Éviter l'exposition réglementaire : face aux menaces d'ingérence extra-européenne, plusieurs entreprises ont fait le choix de solutions de stockage et de collaboration européennes et françaises (comme les solutions de drive souverain ancrées localement), garantissant des standards élevés de sécurité et une protection juridique indispensable.
Industrialiser l'audit et le contrôle : pour s'assurer de la robustesse de leurs environnements sur les clouds souverains, les organisations se tournent vers des outils automatisés et continus, permettant de prévenir les erreurs de configuration tout en respectant les exigences des référentiels de sécurité.
Le grand arbitrage face aux géants du logiciel et du cloud
La dépendance aux grands écosystèmes technologiques mondiaux reste une réalité structurante pour de nombreuses structures, mais elle fait l'objet d'une vigilance et d'une stratégie d'atténuation accrues.
Maîtriser la dépendance aux éditeurs majeurs : si l'usage de certains environnements de référence demeure incontournable pour des raisons d'efficacité opérationnelle, la stratégie dominante consiste à ne pas s'enfermer dans une dépendance totale. Les DSI travaillent activement à la réversibilité, à l'encadrement des coûts et à la préparation de plans de reprise dans des environnements indépendants.
Le choix des infrastructures cloud alternatives : le comparatif entre les acteurs européens (tels que Scaleway et OVH) met en lumière des arbitrages entre robustesse des infrastructures et richesse des services, permettant dans certains cas de réaliser des gains économiques tout en favorisant l'écosystème local.
Du « Cloud by default » au pragmatisme de l'On-Premise
La recherche de souveraineté conduit les ETI à repenser l'architecture de leurs systèmes d'information avec un pragmatisme affirmé.
Une approche guidée par la criticité des données : si la tendance au « cloud by default » reste d'actualité, elle s'accompagne désormais d'une classification rigoureuse des informations (sensibilité, R&D, production industrielle, défense) pour déterminer les environnements adaptés.
Le retour ciblé de l'On-Premise : pour les activités hautement stratégiques, certaines organisations font le choix de réinternaliser des infrastructures physiques (on-premise), garantissant ainsi un contrôle absolu sur leurs données critiques et leur propriété intellectuelle.
En conclusion de ces échanges riches et constructifs, un consensus fort a émergé : la souveraineté n’est pas un sujet binaire, mais un continuum stratégique. Plus qu'une question purement politique, la préoccupation centrale des ETI réside dans la maîtrise de leur dépendance aux fournisseurs, la garantie de la réversibilité de leurs systèmes et la protection de leurs actifs informationnels face aux incertitudes de demain.
La plénière s'est conclue par une visite du site industriel d'ACTIA à Colomiers dans le but de découvrir les étapes du processus de création de cartes électroniques. Un grand merci aux équipes d'ACTIA pour leur accueil et aux participants pour la qualité de ces débats.



